Sommet Europe défense : quand la colline accouche, quand même, d'une petite souris

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Personne ne croyait que la réunion des chefs d'état et de gouvernement européens sur la Défense puisse déboucher sur de grands résultats. Ce sommet du 19 décembre, personne n'en faisait une montagne. À juste titre.

« Nous nous octroyons le luxe de maintenir 16 grands chantiers navals pour construire des navires de guerre alors que les États-Unis en ont deux, nous avons 19 types différents de véhicules blindés de transport de troupe et 14 chars de combat différents alors que les E.U n'en ont qu'un de chaque » C'est ainsi que Martin Schultz, président de Parlement européen, a ouvert la question du gaspillage créé par l'insuffisance de coopération européenne. François Hollande a voulu faire du sujet un point essentiel de la conférence : « Aujourd'hui nous voulons un certain nombre de résultats concrets » mais David Cameron s'est employé à freiner des quatre fers « Oui nous devons améliorer notre coopération, mais l'Europe ne doit pas avoir de capacités militaires, d'armée de terre ou de l'air et tout ce qui tourne autour »  

Heureusement que David Cameron est considéré comme un des plus Européens parmi les Britanniques !

Deuxième sujet majeur : l'appui de l'action française en Centrafrique. F.Hollande souhaitait que l'opération soit qualifiée d'européenne pour que l'Europe puisse aider financièrement la France. Cette fois c'est le Premier ministre suédois qui a fait remarquer que, pour payer, l'Europe devrait être associée à la décision d'intervenir. Juridiquement il n'a pas tort mais chacun sait bien qu'il n'est pas possible de prendre en temps réel des décisions à 28 ! Il faut que celui qui a le courage et les moyens d'intervenir le fasse et que les autres, après réflexion, l'appuient … ou refusent de le faire, à la face du monde. Quand il s'agit de sauver des milliers de vie, quand il importe d'éviter un nouveau Rwanda, l'abstention discrète est difficilement supportable.

Malgré la faiblesse des décisions prises, un certain esprit de solidarité a soufflé à Bruxelles, en particulier entre Paris et Berlin, et - optimiste comme je suis - je suis prêt à parier qu'en matière de drones, de lutte contre la cybercriminalité et même de coopération en Centrafrique les discussions amorcées à Bruxelles se traduiront en 2014 par des avancées sérieuses.

Commentaires   

 
+1 #1 Olivier Gaches 12-12-2014 13:34
A l'attention du Général E. Copel : en voyant cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=D0DbgNju2wE j'ai pensé à votre livre "Vaincre la guerre" que j'avais trouvé tellement pertinent sur le décalage de la puissance de feu stratégique française face aux menaces de moindre échelle (type terroriste) et à vos innombrables critiques de la stratégie de défense coûteuse et dépassée de la France (exemple récent : missile M51), de la nécessité de développer des armes au rapport coût/efficacité proportionné à la menace (terroristes utilisant des drones, pour l'exemple joint en vidéo) : on n'utilise pas un canon pour abattre un moustique. Bravo mon général pour vos positions courageuses souvent à contre-courant de la pensée dominante en matière de défense. J'espère que, comme un de Gaulle visionnaire mais peu écouté par le gouvernement de l'époque écrivant "Vers l'armée de métier" en 1934, vos analyses et prédictions sont entendues en haut-lieu. La France a toujours une guerre de retard...
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