Scandale au Nigeria : un trou dans la caisse

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Il manque 50 milliards de dollars dans les caisses de l’État nigérian ! C’est ­l’incroyable révélation faite par le gouverneur de la Banque centrale, Lamido Sanusi, dans une lettre écrite en septembre mais rendue publique seulement en décembre 2013. L’origine de ce trou abyssal est connue : entre janvier 2012 et janvier 2013, 76 % des revenus de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), compagnie pétrolière d’État qui gère environ la moitié de la production du pays, ne sont jamais arrivés dans les caisses du Trésor public.

L’information a provoqué un énorme scandale au Nigeria, ­l’opposition appelant les élus du parti majoritaire à destituer le président Goodluck Jonathan, tandis que Lamido Sanusi était accusé de manœuvre politique. La ministre des Finances, Ngozi Okonjo Iweala, ancienne de la Banque mondiale, a toutefois fini par ­reconnaître que l’État avait effectivement été spolié de ses revenus pétroliers. Mais, affirme-t-elle, pas à hauteur de 50 milliards.

Après enquête, il semble que près de la moitié de la somme « perdue », soit 24 milliards, ­représente en fait des échanges d’hydrocarbures, la NNPC ­troquant du brut contre du ­pétrole raffiné sans qu’il y ait ­versement d’argent ; 16 autres milliards ­seraient des taxes ou des royalties payées à certaines compagnies ­pétrolières ­étrangères  partenaires. 5 milliards auraient bien été payés, mais par une filiale de la NNPC, d’où une ­certaine ­confusion. Enfin, la ­vente à perte de kérosène aurait aussi ­contribué au déficit.

Finalement, les dirigeants de la compagnie et le ministère des Finances s’entendent sur une ­estimation commune : ce sont en fait 10 à 15 milliards de dollars qui manqueraient dans les caisses de l’État. Une belle somme tout de même, qui amène beaucoup de Nigérians à s’interroger sur l’opacité du système. Et notamment sur ces fameux échanges – swaps, dans le jargon en vigueur – dont les finances publiques du pays semblent ressortir à chaque fois perdantes.

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