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Le choix de Bill Gates

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Le fondateur de Microsoft consacre son temps et sa fortune à lutter contre la pauvreté et la maladie. Pourtant, des voix s’élèvent dans la Silicon Valley pour critiquer son attitude. Bill Gates riposte.

«Quelle est la priorité ? Vous devez plaisanter ! » Bill ­Gates se montre la plupart du temps d’un abord calme et ­affable. Mais cette fois-ci, il paraît réellement agacé. Il faut dire que récemment, Mark ­Zuckerberg, le jeune patron de Facebook, a ­déclaré que le projet ­d’offrir un accès Internet aux cinq milliards d’êtres ­humains qui n’en sont pas encore pourvus serait « l’un des plus grands défis de sa génération ». Les ­journalistes américains ont ­répété la phrase à Bill Gates, lui demandant ce qui, à ses yeux, lui semblait prioritaire : connecter toute la planète ou ­trouver un vaccin contre le palu­disme ? Sa réaction se passe de commentaires.

Depuis 2007, le ­créateur de ­Microsoft et première fortune ­mondiale se consacre à plein temps à la Fondation Bill & Melinda ­Gates, et finance notamment des ­programmes de lutte contre le paludisme, la ­poliomyélite ou la conception de préservatifs ­fiables et agréables à utiliser. Parallèlement, Bill Gates a mis sur pied avec Warren Buffet, l’autre homme le plus riche des États-Unis, le plan The Giving Pledge (« promesse de don »), censé convaincre les autres milliardaires de se consacrer à des œuvres caritatives. 

Difficile de formuler la moindre ­critique contre une telle avalanche de bonté. Pourtant, il y a des sceptiques dans la Silicon Valley. En ­particulier Peter Diamandis. Ce ­diplômé du ­Massachusetts Institute of Technology (MIT) a fait fortune dans les nouvelles technologies et dirige la XPrize Foundation. Un projet qui, chaque année, récompense de 10 millions de dollars un programme de ­recherche lié au voyage dans l’espace.

La thèse de Peter Diamandis ? À ses yeux, la démarche des époux Gates rappelle un peu trop celles des Carnegie et autres Rockefeller. Il lui oppose la charité new-look pratiquée par la nouvelle génération d’entrepreneurs des technologies de l’information, qui veulent changer le monde grâce à leurs inventions. Et qui travaillent à doter toute la ­population mondiale d’un téléphone mobile et d’un accès à Internet. Pour lui, Bill Gates serait plus utile à ­l’humanité s’il reprenait les rênes de Microsoft et continuait à développer des ­logiciels innovants, plutôt que de flatter son ego en tentant d’éradiquer le paludisme.

Pressé par les journalistes de ­répondre à ces critiques, Bill Gates n’a, dans un premier temps, pas souhaité réagir. Pour finir toutefois par sortir de sa réserve, en particulier dans un entretien avec le Financial Times publié fin 2013. L’intérêt de sa démarche, explique-t-il, c’est d’abord d’apporter des méthodes efficaces au monde de l’humanitaire, parfois peu au fait des réalités économiques ou industrielles. 

Par exemple la collecte et l’analyse des données. Une habitude dans l’industrie ­informatique, qui peut être transposée à la ­production des vaccins et permet à la fois d’en mesurer l’efficacité, d’évaluer les coûts de production et les pistes d’économies. 

En tant qu’ancien patron d’un groupe ­multinational, Bill Gates pense pouvoir faire profiter le monde de l’humanitaire de son ­expérience de gestionnaire. Et identifier les priorités : « Comment produire un vaccin à 50 cents la dose, ce n’est pas de la science, mais c’est fondamental, souligne-t-il. Pour ­conserver les vaccins, il faut les maintenir à une ­température située entre 2 et 8 °C. Et donc installer des réfrigérateurs partout, trouver le moyen de les alimenter en ­électricité. Calculer combien de frigos il faut, c’est un véritable travail de businessman. » Ajoutons que le carnet ­d’adresses du ­milliardaire lui donne un accès direct à bien des décideurs, politiques ou ­économiques, utiles à ses ­projets.

Bill Gates doute du rôle ­fondamental des nouvelles technologies dans la lutte contre la ­pauvreté, ce qui va à l’encontre du ­discours de ses successeurs de la Silicon Valley. « ­L’innovation c’est formidable, ­lâche-t-il. La vie des hommes s’améliore chaque année grâce à la ­création et à la technologie. ­Internet a aidé la Chine et l’Inde à faire leur entrée sur le marché mondial, mais allez à Bangalore ! À quelques ­kilomètres des grands ­centres de recherche, il y a encore des gens qui vivent sans ­sanitaires. Si vous établissez un classement des besoins ­primaires de l’humanité, ­l’ordinateur ne fait clairement pas partie du top 5. Les gens ne se lèvent en se disant : “Oh mon Dieu, j’ai ­tellement envie de nouvelles ­technologies !” Ce dont nous avons besoin, c’est d’offrir une bonne ­éducation aux gens. C’est ­d’empêcher les enfants de mourir. » 

 

Copyright photo : World economic Forum

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