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Terres rares : Le monopole chinois

Terres rares : Le monopole chinois

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La France et l’Europe s’interrogent sur leurs approvisionnements en métaux stratégiques et l’éventuelle relance d’une activité minière. Entretien avec Régis Paul, spécialiste des placements dans les terres et métaux rares. Propos recueillis par Olivier Marbot

La Revue : Votre société, MTL Index, a profité de la récente ­conférence organisée à ­l’Assemblée nationale pour souligner les ­tensions liées à l’approvisionnement en terres rares…

Régis Paul : En terres rares et en métaux stratégiques, oui. Aujourd’hui beaucoup de pays constituent des stocks de ces matières premières : la Chine, les États-Unis, le Japon… Mais pas l’Europe. C’est potentiellement un problème. Ces produits sont d’une importance stratégique, ils sont utilisés dans les nouvelles ­technologies, l’énergie, la santé, ­l’armement. Ils sont compliqués et chers à extraire. Les stocker permet de protéger ses approvisionnements et d’anticiper les variations des ­marchés. Mais l’Europe ne prend aucune initiative en la matière.

 

Pourquoi, à votre avis ?

L’industrie minière a pratiquement disparu en Europe, le raffinage ­aussi. Aujourd’hui, il ne reste plus guère que le groupe Rhodia. La France était le premier producteur mondial de germanium jusque dans les années 1980, mais c’est fini. Les enjeux et les technologies se ­déplacent. L’Europe et la France se trouvent de ce fait dans une ­situation de très forte dépendance. Dépendance à la Chine, qui a un quasi-monopole de production des terres rares. Mais d’autres pays veulent relancer ­l’exploitation…

On entend parler de certains pays africains, du Brésil, de la Corée du Nord… Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en moyenne 1 % des projets miniers débouchent sur une exploitation, et que lancer la production prend dix ans. Très peu de sociétés au monde maîtrisent les technologies d’extraction. Récemment, on a appris que le Japon avait identifié des gisements à 5 000 m sous la mer. Mais on ne sait pas extraire des matériaux à cette profondeur. Quant à la Corée du Nord… nos relations sont déjà difficiles avec les Chinois, alors avec les Nord-Coréens ! Le monopole des Chinois est appelé à durer.

 

On parle aussi, notamment Arnaud Montebourg, de relancer l’extraction en Europe ?

Oui, mais à ce jour c’est surtout en Allemagne qu’on a identifié des gisements et il y a deux problèmes : la mise en production prendra dix ans, et ce seraient des mines à ciel ouvert, donc des problèmes techniques environnementaux à prévoir. En fait, les seuls projets crédibles aujourd’hui se situent au Groenland… mais les Chinois s’y sont déjà positionnés. Il y a aussi des pistes en Afrique… Bien sûr. Un projet français au Gabon serait lié aux industries de défense, mais on a peu d’informations. La France, gros producteur d’armements, a des besoins spécifiques, liés en particulier à la fabrication de munitions. Il lui faut du tungstène, du cobalt, du tantale…

 

La conférence organisée le 13 février à Paris a-t-elle permis de faire avancer les choses ?

Concrètement, non. Les autorités ont dressé un état des lieux, c’était le but. Les pouvoirs publics s’inté­ressent au sujet. On a évoqué l’ouverture d’une mine en France. Mais qui va investir ? Comme le moment est mal venu d’y consacrer des fonds publics, ce seront forcément des ­industriels privés. Ce qui suppose qu’ils arrivent à s’allier, entre ­concurrents. Ce sera compliqué. 

 

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