L'Indonésie rejoint les BRICS

Submit to FacebookSubmit to Google BookmarksSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

La skyline de la capitale Jakarta

C’est officiel : le club des grands pays émergents compte un sixième membre, l’Indonésie. Les grandes institutions internationales parlent désormais des « BRIICS », confirmant le poids économique croissant de l’Asie.


N
e dites plus « BRICS », dites « BRIICS ». À l’oral, la nuance pourra sembler subtile. À l’écrit, elle devient plus évidente. Voire solennelle : dans leurs dernières publications, l’OCDE comme la Banque mondiale citent les « BRIICS » pour désigner le bloc des plus grands pays émergents, reconnaissant ainsi explicitement que l’Indonésie s’est hissée au niveau du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud.
Une consécration logique, et même un peu tardive : depuis 2010, on évoque la possibilité d’inviter 
le pays à rejoindre le club des émergents. Certains se sont même étonnés, en 2011, de voir les quatre pays fondateurs proposer à l’Afrique du Sud de s’associer à eux. À bien des égards, Jakarta semblait plus légitime que Pretoria.

Logique : avec plus de 250 millions d’habitants et 878 milliards de dollars de produit intérieur brut (en 2012, un chiffre en croissance de 6,2 %), l’Indonésie est un géant démographique et économique. Mais un géant encore fragile. Sa balance commerciale, longtemps dopée par les exportations de gaz et de pétrole et par des salaires attractifs pour les grands groupes étrangers, est déficitaire depuis 2011.
Ses réserves de change, près de 100 milliards de dollars, s’érodent régulièrement et sa devise, la roupie indonésienne, a chuté de 25 % face au dollar depuis 1997.

La dépendance aux hydrocarbures est sans doute le principal problème de l’Indonésie. S’il reste exportateur de gaz, le pays doit faire face à une baisse constante de sa production de pétrole (estimée à 920 000 barils/jour en 2013, contre un million en 2008), alors que la consommation domestique ne cesse d’augmenter.

Le pays ne peut guère compter sur ses autres matières premières pour renflouer les caisses : depuis 2011, le cours du charbon a baissé de 22 %, celui de l’huile de palme de 33 %, celui du caoutchouc de 60 %.
Restent donc les produits manufacturés. En Indonésie, les niveaux de salaires restent très bas. Pas assez bas, hélas, pour masquer une autre lacune : technologiquement, le pays est en retard sur ses principaux voisins et concurrents. Qu’il s’agisse de machines-outils, d’électronique, d’informatique ou de télécommunications, la modeste production indonésienne fait pâle figure 
comparée à celles de la Corée du Sud, de la Thaïlande ou de la Chine.

S’il mérite sans conteste sa place parmi les BRICS, le pays ne doit pas considérer son entrée dans le club comme une fin. Mais plutôt comme un commencement. 

Ajouter un Commentaire


La Revue

Dossier du mois

La Revue sur FaceBook