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Premières fissures entre Netanyahou et la diaspora

Premières fissures entre Netanyahou et la diaspora

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Depuis des mois, l’axe unique de la politique ­israélienne consiste à ­dénoncer l’Iran et son programme nucléaire. À entendre Netanyahou, nous serions en 1938 : l’Iran serait l’avatar de l’Allemagne nazie, la Conférence de Genève pour parvenir à un accord sur ce fameux ­programme nucléaire persan la ­réplique de celle de ­Munich en 1938 – et John Kerry serait son Chamberlain.

La surprise en l’affaire, c’est l’aide qu’apporte le gouvernement de la France, gouvernement pourtant en plein naufrage, au ­torpillage de cette conférence.

Dans le numéro 15 de La revue, nous avions relevé l’usage systématique que font les gouvernements israéliens du génocide juif, ­espérant par cette dramatisation obscurcir tout effort d’analyse sérieuse et ­imposer leurs vues. 

Dans ce sombre contexte, une lueur : la prise de distance du ­principal appui du gouvernement israélien, à savoir l’American Jewish Committee (AJC), la ­puissante ­organisation juive américaine, dont le président, David Harris, a écrit dans le quotidien Haaretz : « Dire que toute ­personne qui ­négocierait avec ­Rohani ne ­serait qu’un ­nouveau Chamberlain ou un autre ­Daladier, ce n’est pas faire une ­plaisanterie, c’est juste insulter et dire un mensonge. » De son côté, l’International New York Times qualifie la politique anti-iranienne d’Israël de simple manœuvre visant à distraire l’attention du véritable chantier à mener, à savoir la résolution du problème israélo-palestinien par la constitution de deux États. Seule cette solution ­permettra à Israël de rester un État démocratique à majorité juive.

C’est dans ce contexte que l’on assiste à la montée en puissance aux États-Unis du mouvement J Street, lequel, tout en soutenant Israël, en critique vivement la ­politique nationaliste. Le vice-président Joe Biden s’est rendu à la conférence ­annuelle de J Street et, plus frappant encore, l’ancien ­ambassadeur américain en ­Grande-Bretagne, Louis Susman, un ami proche de John Kerry, et Samuel Kaplan, ­ancien ambassadeur au Maroc, sont venus renforcer la direction de J Street. David Harris et l’AJC ont mis fin au ­boycott de J Street en rencontrant son président.

Dans la galaxie des organisations juives américaines, ­l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac) ne sera ­bientôt plus un lobby dominant et ­Netanyahou n’aura plus l’appui des juifs américains pour sa ­politique belliciste. Il serait temps ! 

Copyright photo : J street

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