Burden sharing

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L'idée n'est pas nouvelle. L'apôtre Paul ne disait-il pas dans sa lettre aux Galates (6.2) : « Portez le fardeau les uns des autres » ? L'expression « burden sharing » ou partage du fardeau a été surtout employée par les Américains pour stigmatiser la faiblesse de l'engagement militaire européen au sein de l'OTAN. Aujourd'hui, elle est encore utilisée dans le domaine de la lutte contre la hausse de l'effet de serre.

Le fameux protocole de Kyoto a autorisé un ensemble d’États au sein d'un collectif (bulle) à se regrouper pour se répartir les efforts exigés de réduction de gaz à effet de serre. La seule « bulle » existante englobe les États membres de l'Union européenne au moment de la ratification du protocole en 2002. L'objectif final est une réduction globale de 8% des émissions mais, compte tenu des pollutions initiales, l'effort de réduction n'est pas le même pour tous les pays. C'est ainsi que l'Allemagne doit réduire ses émissions de 21% alors que la France peut se contenter de les stabiliser au niveau de 1990.

L'Europe est donc capable de s'organiser, de faire preuve de solidarité, de répartir les charges entre les différents États membres… surtout lorsque le sujet intéresse l'Allemagne. Malheureusement comme l'a souligné récemment Jean-Yves Le Drian à Riga, la solidarité joue peu en matière d'interventions en Afrique. Bien peu. Écoutons-le : « Nous devons agir à la fois dans nos territoires et sur les théâtres de crise. En conséquence la charge de sécurité européenne doit être équitablement répartie. J'en appelle à la solidarité. »

Bel appel en vérité. Mais peu entendu ! L'Union européenne dispose d'une force de réaction rapide de 2000 hommes… qui n'a jamais été utilisée. L'Union a bien décidé d'envoyer 60 « experts » pour entraîner les forces armées centrafricaines mais les États membres ont beaucoup de mal à les fournir. La France reste bien seule, comme au Mali. Seule à envoyer ses soldats et seule aussi à assumer les coûts de ces opérations extérieures.

Certes, l'Allemagne fait valoir qu'elle fournit une aide de 100 millions d'euros à la mission des Nations unies au Congo. Mais cela n'a rien à voir avec le coût des opérations françaises, pourtant approuvées et encouragées par l'ONU et la très grande majorité des États africains. Que faire ? Il est évident que l'on ne peut pas obliger des États souverains à envoyer leurs soldats guerroyer loin de leurs frontières. Il est aussi manifestement très difficile de leur demander de participer financièrement, au coup par coup, à telle ou telle opération. La solution ne peut se trouver que dans la création d'un fonds communautaire spécial. Ce fonds alimenté par tous les États membres, comme le budget général de l'Union, servirait à indemniser financièrement l’État qui s'engage au profit de tous. Il faudrait bien sûr que cette action soit approuvée par l'ONU et par le Parlement européen.

Les appels au partage du fardeau, qu'ils viennent de Paul de Tarse ou de Jean-Yves Le Drian, sont sympathiques mais ne suffisent pas. La solidarité doit s'organiser. À froid.

 

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