Syrie : possibilités d'action

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16 mars 2015 – 21h15 : deux hélicoptères de l'armée de l'air syrienne survolent la localité de Sermine au Nord de la Syrie. Ils larguent des barils qui répandent rapidement l'odeur suffocante caractéristique du chlore. Les témoignages recueillis tant par Amnesty International que par Médecins sans frontières sont formels: une nouvelle fois Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple. Parmi les victimes, quelques combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) ont été signalés, mais l'essentiel des morts sont à déplorer parmi les civils et particulièrement chez les enfants. Morts avec les mêmes épouvantables souffrances que celles endurées par les combattants de la Première Guerre mondiale victimes des attaques au chlore conçues par Fritz Haber1

De passage à Paris, deux responsables de la Défense civile syrienne (DCS), travaillant dans les zones non contrôlées par les troupes de Bachar, sont venus demander l'aide de la France pour faire cesser les bombardements aveugles du dictateur syrien : les attaques chimiques comme les largages de barils de TNT. Plusieurs solutions sont envisageables :

1. Proposer une résolution au Conseil de Sécurité de l'ONU faisant remarquer au président syrien que ce qu'il fait n'est pas conforme au droit.

2. Menacer Bachar al-Assad d'une traduction devant la justice internationale pour crimes contre l'humanité.

3. Fournir à la Défense civile des territoires concernés des renseignements en temps réel sur les menaces aériennes. Cette demande minimale des Syriens de la DCS serait particulièrement facile à mettre en œuvre compte tenu des moyens de détection mis en place par la communauté internationale tout autour du territoire syrien.. Une alerte diffusée quelques minutes avant l'attaque permettrait de prévenir les populations et d'en mettre au moins une partie à l'abri. Elle permettrait aussi aux équipes de la DCS (casques blancs) de s'équiper de leurs masques à gaz pour intervenir plus rapidement au service des victimes.

4. Créer dans tout le nord du pays une zone d'exclusion aérienne dans laquelle tous les avions et hélicoptères de Bachar seraient systématiquement abattus s'ils violaient l'interdiction de survol. Techniquement la mesure ne serait pas très difficile à mettre en œuvre par les puissances occidentales. Bien sûr, elle interdirait l'attaque des forces de l'EI par les avions syriens. Mais il apparaît de plus en plus clairement que les forces de « l’État islamique » ne sont pour ainsi dire jamais visées par celles de Bachar. Celui-ci en a trop besoin pour se présenter comme le meilleur rempart contre les excès de l'islamisme. Il y a bien eu quelques raids contre Rakka, fief de l'EI, mais assez curieusement il apparaît que seules les zones civiles ont été visées.

Certes, il est très probable que Vladimir Poutine s'opposerait à cette mesure au sein du Conseil de Sécurité. Est-ce une raison pour ne pas agir ? Le moins que l'on puisse dire est que nombre d'actions de guerre ont été entreprises récemment sans l'aval du Conseil. Tant par Poutine que par les puissances occidentales

5. Détruire les avions, les hélicoptères et les aérodromes de Bachar. C'est ce qui avait été préparé par les Américains et les Français après les premières attaques chimiques de l'armée syrienne et que la « ligne rouge » tracée par Obama avait été franchie. Au dernier moment le président américain a annulé l'attaque et peu après le président syrien s'est engagé à détruire toutes ses armes chimiques. Comme il a franchi une nouvelle fois la ligne rouge il serait logique de réactiver les plans et d'envoyer quelques missiles reprendre le chemin de Damas.

Si l'on ne croit ni à l'efficacité des deux premières solutions ni à la plausibilité politique de la dernière, il ne reste qu'à souhaiter que l'on instaure rapidement une zone d'exclusion aérienne au dessus des zones libérées au nord de la Syrie et qu'au minimum l'on permette aux populations concernées de se mettre à l'abri grâce à une alerte aérienne diffusée en temps utile

Ne pas agir, ne pas réagir, face aux horreurs subies par le peuple Syrien devient un crime contre l'humanité.

1Futur Prix Nobel de chimie !

 

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