Le client, d’Asghar Farhadi, un moment de grâce cinématographique

Submit to FacebookSubmit to Google BookmarksSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Le client est un film de l’Iranien Asghar Farhadi, à qui l’on doit d’autres chefs-d’œuvres comme La Séparation, et qui a été primé pour son scénario au dernier festival de Cannes. N’étant pas critique cinématographique, j’ignore s’il est son meilleur film. Je sais que celui-ci m’a passionné.

Un scénario parfait, avec une superposition de plans qui donne au film une vertigineuse profondeur ; le film tourne autour d’une pièce d’Arthur Miller, Juif rappelons-le, que l’on joue donc à Téhéran malgré la censure :  Mort d’un commis voyageur, dont l’action fait écho à celle du film. On y voit aussi la projection d’un film dans le film, mais que lui, personne ne regarde. On devine, fugitivement, des scènes de guerre, de destruction, mais personne n’y prête attention. Belle allégorie de notre quotidien ! 

Un film dans le film, une représentation dans la représentation, ça ne vous rappelle rien ? Hamlet, bien sûr, Cette structure en abîme est une tentative de représenter le réel, disait mon bon maître Lacan. 

Des acteurs, tous merveilleux, une héroïne à la beauté en icône, qui a subi un outrage non précisé, sans doute un viol, et qui, elle, pardonne à son agresseur. Une finesse psychologique inouïe traverse le film. 

Le cinéma de Farhadi nous permet de pénétrer le quotidien iranien, d’en montrer une certaine misère, mais aussi une vie intellectuelle (le théâtre, le cinéma, les livres), le tout formant une image contrastée mais bien différente de celle que nous nous faisons du régime iranien. Nous le savons certes, mais il est bon de le répéter.

Il y a deux bons cinémas au Moyen-Orient, l’israélien et l’iranien. Et dire que les dirigeants de ces deux pays, qui ont mille raisons de s’entendre, se sont déclarés la guerre ! Prévert avait bien raison de l’écrire : quelle connerie  la guerre !

 

 

 

Ajouter un Commentaire


La Revue

Dossier du mois

La Revue sur FaceBook