En marche vers un monde meilleur (suite)

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L’optimisme de mon dernier billet m’a valu de nombreuses remarques, essentiellement axées sur la hausse récente des conflits liés au terrorisme islamiste. Alors, je me sens obligé de compléter mon propos. 

Il est exact que le nombre de conflits armés recensés par le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute). est passé de 33 en 2012 à 50 aujourd’hui et que cette augmentation est liée pour l’essentiel au nombre croissant de pays où des groupes armés font allégeance au califat d’Al-Baghdadi. Il est clair aussi que la violence des combats en Syrie et en Irak a été très coûteuse en vies humaines et a multiplié le nombre de personnes déplacées contraintes à fuir les combats. Il n’existe malheureusement pas de chiffres fiables et précis, la réalité des faits demeure douloureusement incontestable. 

L’isolement de Daech au Moyen-Orient comme les revers de Boko Haram et des autres mouvements radicaux en Afrique peuvent permettre de penser que l’influence des groupes terroristes va décroître. Mais par delà l’actualité brûlante, l’essentiel est de voir la tendance générale. 

Le niveau de violence lié aux conflits armés est en baisse spectaculaire depuis un siècle. Après le paroxysme des deux guerres mondiales au cours de la première moitié du XXe siècle, le troisième quart de ce siècle a vu de grands conflits en Corée, en Indochine, en Algérie, en Inde faisant des centaines et des centaines de milliers de morts. La fin du siècle a été déjà moins meurtrière mais avec encore des guerres majeures en Iran-Irak, en Afghanistan, au Mozambique et au Liban. 

Aujourd’hui, le monde reste dangereux mais il n’y a plus de grands conflits armés entre Etats : la violence guerrière diminue. Pourquoi ne pas le rappeler ?

Autre réalité mal perçue : la hausse générale des régimes démocratiques dans le monde. Certes, il ne suffit pas que des élections soient organisées pour qu’elles soient vraiment libres. Certes, dans nombre de pays les alternances démocratiques sont foulées aux pieds par des dictateurs « élus » parfois… héréditaires. Il n’en demeure pas moins que petit à petit les peuples sont de plus en plus consultés. Les autocraties (napoléoniennes, staliniennes, saoudiennes…) comme les régimes coloniaux cèdent progressivement la place à des régimes plus ou moins réellement démocratiques. Le Polity IV Project, établi par un groupe d’universités américaines, dresse  un classement très progressif des réalités politiques mondiales : chaque régime politique est évalué dans un spectre allant de + 10 pour les démocraties idéales à  – 10 pour les autocraties totales. Le tableau actuel est loin, très loin d’être satisfaisant, mais n’oublions pas où nous en étions à la sortie de la deuxième guerre mondiale : près d’un habitant sur trois vivait sous un régime colonial, la dictature communiste s’étendait de la Pologne à Vladivostok…  Aujourd’hui, un habitant sur deux dans le monde vit dans une démocratie…  plus ou moins parfaite. Et parmi ceux qui vivent encore sous un régime autocratique, quatre sur cinq sont Chinois.

Nous n’en sommes pas encore à la fin de l’Histoire et à la victoire finale des démocraties. Mais le monde va globalement de moins en moins mal.

Hitler, Staline et Mao sont morts.

 

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