Liberté d’expression ?

Submit to FacebookSubmit to Google BookmarksSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Lundi 9 janvier. Je me suis levé dès poltron-minet. C’est que j’avais un rendez-vous téléphonique ce matin là avec une journaliste, PHL de RCJ ou Radio de la Communauté Juive, qui devait m’interviewer sur ces lancinantes questions du fanatisme, du terrorisme, sur mon dernier ouvrage Le complexe de Caïn. J’avoue mon grand respect pour les journalistes malgré de fréquentes déconvenues causées par leur manque de courtoisie.

Ajoutons que la veille eut lieu à Jérusalem un tragique attentat de grande dimension. Mais quel évènement dans cet interminable conflit israélo-palestinien n’est-il pas tragique ? Ces jeunes tués de part et d’autre, fauchés avant d’avoir vraiment vécu par la faute de politiques de haine conduites par des hommes d’un âge certain ? Qu’est-ce qui n’est pas sordide dans cette affaire ? Les victimes des couteaux ? Les maisons familiales détruites en plein hiver ? Les implantations illégales ou légales ? Les oliviers que l’on abat pour affamer la population ? Les check points ? Les barrières en tout genre ?

A la question de la dame, j’ai donc répondu avec mon cœur, j’ai parlé de ma tristesse devant la mort de ces jeunes qui auraient pu être de mes proches. J’ai aussi dit qu’il soufflait en Israël un vent mauvais que les chefs de l’armée eux-mêmes ont dénoncé, que la spirale de la violence était sans fin, qu’il fallait donner aux Palestiniens plus de raisons de vivre et moins de check points, que sinon la violence nous emportera tous… Cela dura 5 à 10 minutes. Merci Monsieur, m’a-t-on dit. L’interview devait passer à 12h15. A cette heure là, ce fut une autre personne qui parla, un clone de Netanyahou sans doute. On ne m’a rien dit, que l’on m’avait censuré, que mon réveil matinal avait été une fatigue inutile, qu’on s’excusait de ne pas pouvoir, etc. Rien. Mieux vaut entretenir les braises de la haine. 

 

Ajouter un Commentaire


La Revue

Dossier du mois

La Revue sur FaceBook