Une histoire que vous aimerez lire : Un vaisseau fantôme

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L’Arctic Sea est un récidiviste ! À trois reprises, déjà, le cargo a échappé aux systèmes internationaux de repérage des navires. Fin avril 2007, alors qu’il navigue en Méditerranée, puis de nouveau en février 2008.

Et enfin en avril 2009. Chaque fois, il disparaît momentanément pendant plusieurs jours ! Le bâtiment avait donc été soupçonné d’être associé à des ­opérations ­clandestines. Sans plus. 

L’Arctic Sea, construit en 1991, est un vraquier russe de 4 700 tonnes, ­propriété de la société Arctic Sea Ltd, basée à ­Malte, où le cargo est immatriculé pour d’évidentes raisons fiscales. Depuis juin 2009, il est exploité par une compagnie du ­groupe finlandais Solchart, fondé en 1996 par le russe Viktor Matveev. Le capitaine, Sergueï Zaretski, est de nationalité russe. Tout comme ses quatorze marins.

En cet été 2009, l’Arctic Sea, après avoir été chargé de bois de sciage pour une valeur d’un million et demi de ­dollars, quitte le port finlandais de Jakobstad, le 23 juillet 2009. Il doit décharger sa ­cargaison à Béjaïa, en Algérie, le 4 août. Détail intrigant : avant qu’il ne ­largue les amarres, le cargo est contrôlé par un fonctionnaire de l’autorité finlandaise de sûreté nucléaire. Le résultat est négatif mais aucune explication ne sera donnée. Cependant, si cette visite a été effectuée, c’est peut-être parce que, avant de charger des grumes à Jakobstad, l’Arctic Sea a fait escale à ­Kaliningrad (l’ex-­Königsberg, une ­enclave russe sur la mer Baltique), où il est resté à quai trois ­semaines. ­Officiellement, le cargo a subi ­l’inspection ­annuelle du bureau de ­classification ­russe et a bénéficié de ­quelques réparations. 

 

Arrêté par de faux contrôleurs

Kaliningrad est connu pour être une base de transit de cargaisons ­illégales et une plaque ­tournante pour le commerce illicite des armes. Si l’enclave est fréquentée par les contrebandiers et autres ­mafieux russes, il se ­murmure ­aussi que des agents des services secrets y font leurs petites ­affaires sans même en référer à leur ­hiérarchie. 

Des armes auraient donc pu être transportées sur l’Arctic Sea à l’occasion de sa longue escale. Ensuite, les grumes chargées dans le port finlandais auraient permis de dissimuler ces armes disposées dans les soutes du cargo. Et si la sûreté nucléaire finlandaise a procédé à un contrôle, c’est qu’elle craignait la ­présence de substances radioactives à bord. Depuis l’implosion de l’URSS, l’éventuelle dissémination de l’énorme arsenal nucléaire russe inquiète de nombreux services secrets dans le monde. 

 

De mystérieux saboteurs

Après son départ de Jakobstad, ­l’Arctic Sea navigue au sud, à peu de ­distance des côtes suédoises. Le 24 juillet, en pleine nuit, il est abordé par une ­embarcation où a pris place une douzaine d’hommes à la carrure impressionnante, armés et masqués. Prétendant être des policiers suédois spécialisés dans la lutte antidrogue, ils exigent de contrôler la cargaison. Sans user de violence, ils fouillent le cargo dix heures durant et prennent des photos. Ils ­quittent ensuite le navire sans emporter quoi que ce soit. 

L’armateur russe a bien sûr été ­averti, mais il n’a pas fait état de l’abordage à une quelconque autorité maritime et a ordonné au capitaine de poursuivre sa route, comme s’il ne s’était rien passé. Or la procédure normale aurait voulu que le commandant déroute son navire vers le port le plus proche afin de le faire expertiser par les autorités. D’autant que, selon certaines sources, si les membres de ce commando n’ont commis aucune brutalité à l’égard de l’équipage, ils auraient saboté quelques équipements. 

De la même façon, le 28 juillet, ­naviguant dans la Manche, le ­commandant de l’Arctic Sea, Sergueï ­Zaretski, lors du contrôle radio avec les autorités maritimes britanniques, ne mentionne pas l’incident. Ce n’est que le lendemain, cinq jours plus tard, que l’armateur russe Viktor Matveev rapporte à la police ­suédoise ce qui s’est passé dans la ­Baltique au large de ses côtes. Les ­autorités de Stockholm sont catégoriques : ce ne sont pas leurs ­fonctionnaires qui sont montés sur le bateau ! 

L’Arctic Sea poursuit sa route. Durant sa traversée de la Manche, il continue d’envoyer des signaux automatiques d’identification. Sa vitesse est alors ­réduite, entre sept et huit nœuds. Le 29 juillet, à 6h30 GMT, il est localisé au nord du Cotentin par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de Jobourg. Quelques heures plus tard, dans la nuit du 29 au 30, il s’identifie au Cross de Corsen lors de son passage dans le rail ­d’Ouessant. ­Ensuite, on perd totalement sa trace. 

 

Rançonné par des marins baltes

On peut donc penser que son système d’identification automatique (l’AIS, embarqué sur chaque navire afin d’obtenir une localisation par satellite en temps réel) est débranché. Or, fait curieux, un journaliste russe, Mikhail Voitenko, ­affirme avoir pu, simplement grâce à ­internet, continuer à suivre l’évolution du navire pendant quelques heures après que celui-ci a été déclaré « disparu ».

Alors que l’Arctic Sea se ­trouve au large du golfe de Gascogne ou peut-être même le long des côtes du Portugal, un second commando aborde le cargo ! Il est composé de huit marins baltes. D’après l’armateur russe, qui alertera les autorités finlandaises, ce commando, qui a pris le contrôle du cargo, exige une rançon d’un million et demi d’euros. C’est-à-dire la valeur de la cargaison de bois. Il s’agirait donc d’un acte de ­piraterie. Un fait sans ­précédent dans l’Atlantique-Nord ­depuis au moins cent cinquante ans ! Selon une autre version, ces marins ­baltes auraient été engagés au contraire pour sécuriser l’Arctic Sea et le diriger vers un lieu de rendez-vous précis. 

Toutefois, seul le témoignage de ­l’armateur est pris au sérieux. Interpol est alerté. Puis Moscou lance un appel à l’Otan pour qu’on l’aide à retrouver le cargo. Mais si les Russes confirment que l’Arctic Sea est bien victime d’un acte de piraterie, le Bureau maritime international émet de sérieux doutes sur la ­réalité de celui-ci. C’est aussi la ­conviction de l’Union européenne, qui devrait être concernée au premier chef puisque le navire est enregistré à Malte, pays ­membre. Selon Martin ­Selmayr, son ­porte-parole, il pourrait même s’agir d’une possible tentative de récupération d’une cargaison illégale. 

La Russie est donc seule à la ­manœuvre ! Même si les pays ­occidentaux suivent attentivement l’évolution de ­cette affaire suspecte. Quant aux experts ­maritimes, ils évoqueront plusieurs ­hypothèses, allant du vol pur et simple au différend commercial entre le ­propriétaire et l’armateur.

Officiellement, le président ­Medvedev demande à son ministre de la Défense, Anatoli Serdioukov, de prendre toutes les mesures nécessaires pour ­secourir l’équipage russe en détresse de l’Arctic Sea.

Toujours selon Mikhail Voitenko, le journaliste russe décidément bien ­informé, c’est une vrai armada qui prend la mer : cinq destroyers de la ­flotte de la mer Noire et deux sous-marins ­nucléaires d’attaque sont envoyés à la poursuite de l’Arctic Sea. Des Spetsnaz, groupes ­d’interventions spéciaux russes, sont à bord de ces navires de guerre. 

 

Vraquier retrouvé

Le 14 août, un avion de reconnaissance de l’aéronavale française repère le cargo fantôme au nord des îles du Cap-Vert. Dès le lendemain, la frégate lance-missiles Ladny rejoint l’Arctic Sea. Mais, surprise, le navire se nomme ­désormais Jon Jin 2. Vérification faite, il existe ­réellement un navire nord-coréen de ce nom, régulièrement immatriculé. Il s’agit pourtant bien de l’Arctic Sea, qui a été maquillé lors de sa disparition.

Il se trouve alors sous le contrôle de huit hommes armés, ces Baltes qui ont abordé le navire dans le golfe de ­Gascogne. Le 17 août, les Spetsnaz présents sur la frégate russe prennent le commandement du cargo sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré. Toujours escorté par le navire de guerre russe, l’Arctic Sea mouille à Palmeira, dans l’île de Sal, avec l’accord des autorités capverdiennes.

À bord de la frégate Ladny, équipage et pirates sont interrogés par une ­commission d’enquête venue tout ­exprès de Moscou à bord d’un Iliouchine-76, un appareil militaire, ­bientôt suivi par un autre avion-cargo. Ces deux gros porteurs n’auraient-ils été mobilisés que pour ­évacuer la ­cargaison secrète de l’Arctic Sea ? S’il y a eu transbordement, il s’est opéré dans la plus grande discrétion.

Le 19 août, les huit pirates présumés et onze membres de l’équipage sont transférés par avion jusqu’à l’aérodrome militaire de Tchkalovski, près de ­Moscou. Seuls, le capitaine, l’ingénieur mécanicien, son second, et le maître d’équipage sont restés à bord du navire, rejoints par des militaires russes.

Dès leur arrivée en Russie, les marins et les Baltes sont conduits à la prison de haute sécurité de Lefortovo où ils sont entendus par le FSB, le service secret qui a succédé au KGB. D’après les rares ­informations qui filtrent, les huit pirates, âgés de 30 à 45 ans, auraient des ­antécédents judiciaires. Mais à voir leur physique athlétique, on pense bien plus à des membres de forces spéciales.

Après une dizaine de jours d’interrogatoire, les onze marins de l’équipage sont autorisés à rentrer chez eux, à Arkhangelsk. Auparavant, ils se sont engagés par écrit à ne rien révéler des événements qui ont eu lieu à bord de l’Arctic Sea… 

Le 20 août, le ministre russe de la ­Défense déclare qu’aucun chargement suspect n’a été trouvé à bord de l’Arctic Sea, mais que, pour les besoins de l’enquête, le navire a mis le cap sous escorte, vers la base navale de Novorossiisk sur la mer Noire. Sauf que les Russes semblent avoir soudain changé d’avis : l’Arctic Sea se dirige vers Las Palmas, aux Canaries, où sa cargaison de bois doit être ­déchargée. Mais la présence à son bord de plusieurs militaires russes lui enlève son statut de navire marchand. Les ­autorités espagnoles demandent donc au capitaine de quitter leurs eaux ­territoriales.

 

Des accords secrets israélo-russes

Le cargo fait maintenant route vers Béjaïa, sa destination originelle. Or les Algériens lui refusent l’accès au port. Le navire reste donc ­plusieurs jours au large de Gibraltar. Un ­accord est finalement trouvé avec les autorités maltaises, qui se sont bien ­gardées de poser des questions sur la disparition du navire pendant dix-sept jours. Le 29 octobre, l’Arctic Sea rejoint La Valette, son port d’attache. ­Remis officiellement à son armateur, il est autorisé à reprendre la mer. Auparavant, les autorités maritimes locales se sont assurées qu’il ne transportait aucune substance radioactive ou toxique. 

Même si à Moscou on ne fait plus mystère de l’existence d’une autre cargaison – le chef des investigateurs russes, Alexander Bastrykine, ­déclare ne pas ­exclure le fait que ­l’Arctic Sea ne transportait pas que du bois – le sujet demeure sulfureux. Le journaliste Mikhail ­Voitenko reçoit des menaces de mort par téléphone. Ces coups de fil lui semblent si convaincants qu’il fuit la Russie et se réfugie en ­Turquie puis en Thaïlande.

Jugés deux ans après les faits, les marins estoniens et lituaniens sont accusés de détournement de navire, de piraterie et même d’escroquerie. Les accusations du procureur ne sont étayées que par les témoignages de l’équipage, avec lequel les observateurs présents lors des audiences n’ont jamais réussi à parler. Les huit ­Baltes écopent de sept à douze ans d’emprisonnement. Le frère de l’un d’eux, Alexei Baltinov, a expliqué quel a été leur véritable rôle. Son frère Dimitri avait été recruté par un certain Savine pour se charger de la protection de l’Arctic Sea, quelques jours avant que celui-ci ne disparaisse provisoirement. Dimitri et les autres n’ont reçu leurs instructions qu’au dernier ­moment. Ils devaient aborder le navire, y monter et surtout se conduire au mieux avec l’équipage. Croyant effectuer un simple travail d’agent de sécurité, ils ont payé très cher leur crédulité !

Alors, quelle était la nature de la ­mystérieuse cargaison de l’Arctic Sea ? 

Un premier indice est fourni le jour où le cargo réapparaît officiellement. Ce 19 août, le président israélien Shimon Peres s’est précipité en Russie. Voyage qui sera ensuite suivi d’un déplacement ­secret du Premier ministre Benyamin ­Netanyahou, venu rencontrer à Moscou Vladimir Poutine. D’une façon ou d’une autre, les Israéliens ont donc été mêlés à l’affaire de l’Arctic Sea.

À l’origine, une information capitale que s’est procuré le Mossad : des ­missiles russes S-300, de redoutables armes anti-aériennes, devaient bientôt être livrés à l’Iran aux termes d’un ­accord signé en 2008. Pourtant Poutine a gelé le contrat un peu avant son exécution. L’explication tient dans l’évolution des rapports ­commerciaux entre la Russie et Israël. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les deux pays entretiennent d’excellentes relations et ont signé des accords de coopération en matière de recherche technologique militaire. Toutefois, il est évident que Tel Aviv ne peut que ­désapprouver Moscou quand il s’agit d’armer l’Iran. Parallèlement, le Kremlin n’a guère apprécié les livraisons ­israéliennes de drones et de systèmes d’artillerie à la Géorgie lors du conflit de 2008 entre Tbilissi et Moscou.

Cependant, les deux États ont trouvé un accord : on fermera réciproquement les yeux dès lors que ces matériels ­militaires exportés par l’un et par l’autre dans des pays hostiles ne seront pas ­excessivement sophistiqués ! Mieux, les deux partenaires ont même décidé de limiter leurs livraisons d’équipements militaires dans les zones qu’ils estiment sensibles. Comme l’Iran pour Israël et la Géorgie pour la Russie. Cette dernière s’est par conséquent engagée à ne pas ­honorer le contrat sur la fourniture des S-300 passé avec l’Iran avant la conclusion de ce gentlemen’s agreement. 

Mais comment procéder ? Là se ­trouve le secret de la curieuse aventure de l’Arctic Sea. Plusieurs scénarios sont envisagés. Le premier pourrait être celui-ci : quand un État veut ­honorer une promesse sans pour autant nuire à ses intérêts commerciaux, il peut user de subterfuges. En passant par des filières obscures ou en demandant à ses services secrets d’organiser un trafic clandestin afin de ne pas être pris la main dans le sac ! Dans cette hypothèse, sous la supervision du FSB, les missiles sont disposés dans les soutes de l’Arctic Sea lorsque le cargo fait escale à ­Kaliningrad. Puis les grumes chargées en Finlande dissimulent la cargaison clandestine. Mais le Mossad a eu vent de la combine. Ce sont des agents israéliens qui montent à bord de l’Arctic Sea lors de sa traversée de la ­Baltique. Ils n’ont aucun mal à découvrir les missiles. Ils les ­photographient et envoient ensuite les documents à Moscou. Embarras du Kremlin. Toutefois, afin que les Russes ne perdent pas la face, les ­Israéliens proposent de mettre en scène cette disparition du ­cargo et son prétendu détournement par des pirates baltes. ­Finalement les Russes ­récupèrent leurs missiles au Cap-Vert… 

 

L’hypothèse mafieuse

Toutefois, on peut aussi imaginer une autre explication. Un peu plus tortueuse. L’exportation des missiles aurait pu ­s’effectuer à la barbe des autorités ­russes, à l’initiative de groupes mafieux qui auraient traité directement avec la ­société Almaz-Antey, fabricant des missiles S-300. Cette entreprise aurait ensuite imaginé le transport des armes sur ­l’Arctic Sea, qui naviguait sous ­pavillon de complaisance. La base de Kaliningrad était le lieu idéal pour ­permettre ce genre de trafic. Certes, il existe en Russie un organisme de ­contrôle, le Rosoboron-

export, une ­agence qui chapeaute les exportations du complexe militaro-industriel russe. Créée par décret en 2000 par le président de la Russie, elle est dirigée par Sergueï Tchemezov, un personnage ­proche des services de renseignements russes qui est par ailleurs un ami de ­Vladimir Poutine. Ce marché clandestin n’aurait donc pu échapper à sa vigilance. Mais, en Russie, il y a toujours des arrangements possibles. La suite du scénario est conforme à ce qui a déjà été décrit : les Israéliens bénéficient d’une fuite, leur commando arraisonne l’Arctic Sea en pleine nuit, découvre que le cargo transporte bien des missiles à destination de l’Iran. Le Kremlin est alerté. Le couteau sous la gorge, les dirigeants russes ­doivent en toute hâte mettre fin au trafic, sous peine de rompre l’accord qu’ils ont négocié avec leurs homologues israéliens. Ils lancent alors une véritable armada à la poursuite de l’Arctic Sea. 

Le rôle des marins baltes qui montent à bord du cargo et sont ensuite présentés ­comme des pirates fait partie de l’habillage de l’opération : il ne sert qu’à ­justifier l’extraordinaire mobilisation de la flotte russe chargée de faire échec à un acte de piraterie maritime avec demande de ­rançon ! Dans cette hypothèse, ces ­malheureux Baltes ont été purement et simplement recrutés et manipulés par les services secrets russes. 

 

Une entente entre Russes et Israéliens ?

Mais il existe une troisième explication. La plus vraisemblable. Russes et Israéliens ont conclu un accord fin 2008 ou début 2009 : Moscou renonce à fournir des armes sophistiquées à l’Iran tandis que le gouvernement israélien s’abstient de continuer à équiper militairement les Géorgiens. Mais que faire de ce contrat en bonne et due forme passé préalablement entre la Russie et l’Iran sur la livraison de missiles S-300 ? Si les Russes sont résolus à ne pas l’honorer, ils ne peuvent pas non plus se fâcher durablement avec Téhéran, qui est un partenaire commercial et diplomatique important. Israéliens et Russes imaginent de conserve cette opération ébouriffante de l’Arctic Sea. Une véritable mise en scène ! En apparence, Moscou respecte le contrat passé avec Téhéran. Les missiles sont chargés et doivent être livrés à l’Iran. Mais le Mossad intervient. Les Russes sont ­apparemment coincés. Leur marine doit organiser la récupération des ­missiles et leur rapatriement. Les Israéliens ont donc aidé les Russes, qui n’­apparaissent plus responsables de l’échec de la ­livraison des missiles à l’Iran.

L’affaire a dû donner lieu à de multiples tractations entre Moscou et Tel Aviv. Mais les Israéliens, qui usent lorsqu’il le faut d’arguments frappants, ont aussi prouvé qu’ils attachaient une grande ­importance à cette affaire. Ils ont envoyé un message sanglant aux fabricants des missiles S-300 afin de les dissuader à tout jamais de livrer l’Iran. Le 30 juillet, alors que l’Arctic Sea allait disparaître des écrans radars, le responsable des ­exportations de la firme Almaz-Antey, un nommé ­Barabenko, a été assassiné à Moscou alors qu’il montait dans son auto. Bien sûr, le tueur n’a pas été retrouvé ! 

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