Syrie : Les ennemis de mes ennemis sont mes ennemis

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«Ces types vont ­gouverner pendant un ­moment ; le temps que nous, Syriens, comprenions qu’il faut que nous prenions notre ­destin en main. » Abou Obeida, le commandant d’une brigade de ­l’Armée syrienne libre (ASL) d’Alep, se montrait fataliste en juillet 2012, lorsqu’on l’interrogeait sur le rôle des milices salafistes dans l’opposition au régime des Assad.

Alors que l’ASL et des groupes comme Jabhat al-Nosra collaboraient ponctuellement sur le front, il se murmurait déjà que le combat contre ces jihadistes étrangers ­suivrait celui contre le régime. 

Plus d’un an après, Assad est toujours en place, les milices ­salafistes se sont multipliées, et les forces « ­modérées » de l’opposition peinent à se faire entendre et à s’organiser. Au point que certains rebelles syriens sont aujourd’hui prêts à réorienter leur combat, contre les islamistes. 

Ces derniers accusent l’ASL de se détourner de la lutte contre le régime et d’utiliser la religion pour arriver au pouvoir. En novembre, Abou Abdel Rahmane al-Masri, porte-parole de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), avait même menacé directement les membres de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui chapeaute l’opposition modérée : « Tous ceux qui sont condamnés pour collaboration avec le CNS et ceux qui ­expriment leur soutien au tyran Bachar al-Assad auront la tête ­ séparée du corps. »

La ville de Raqqa, fief en Syrie de l’EIIL, qui est ­accusé d’y faire ­régner la terreur en pratiquant ­enlèvements, ­passages à tabac et assassinats, fait aujourd’hui l’objet d’une ­grande offensive des combattants de l’ASL. 

L’issue de ce combat pourrait bien déterminer la suite des ­événements en Syrie. L’ASL, en perte de vitesse sensible depuis plusieurs mois, joue là sa crédibilité auprès de ses soutiens occidentaux. En cas de victoire, l’EIIL, et donc Al-Qaida, s’implanterait plus solidement encore dans le pays. Inutile de préciser que Bachar ­al-Assad est déjà, et de toutes façons, le grand gagnant de ces dissensions entre ses opposants.

 

Copyright photo : VOA

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