Arabie saoudite - Iran : Une ébauche de dialogue

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La visite historique de l'émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah début juin à Téhéran marque un dégel des relations entre l'Iran et les pays du Golfe, eux-mêmes divisés sur la stratégie régionale à mener.

Pour rappel, l’Arabie saoudite avait reproché au Qatar son soutien aux Frères musulmans partout dans le monde arabe, et surtout en Égypte, où la monarchie wahhabite finance le régime militaire. Le roi avait même rappelé son ambassadeur à Doha. Parallèlement, le Qatar s’est rapproché de l’Iran, qu’il a même réussi à convaincre de participer à nouveau au financement du Hamas palestinien.

Il se dit que c’est surtout ce dialogue avec « l’ennemi chiite » qui avait éveillé l’animosité de Riyadh à l’égard de son petit voisin qatari.


Début de dégel

Mais l’alternance politique en Iran a décidément changé bien des choses et le président iranien Hassan Rohani multiplie les mains tendues vers ses voisins arabes depuis son accession au pouvoir, déclarant publiquement et à plusieurs reprises son désir de rencontrer les autorités saoudiennes. Lors d’une visite en Oman le 14 mars dernier, Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, avait participé à cette offensive de charme en affirmant que « l’Iran était prêt à établir des relations solides et fraternelles avec tous les États de la région ».
Des déclarations cordiales, auxquelles les Saoudiens ont longtemps opposé un silence hostile. Jusqu’au 13 mai dernier, où le ministre des Affaires étrangères saoudien, Saoud al-Fayçal, a ouvert la porte au dialogue intergouvernemental : « L’Iran est un voisin, avec lequel nous avons des relations, et avec qui nous allons négocier. » 

Le 29 mai, L'Iran a confirmé avoir reçu une invitation "amicale" de l'Arabie saoudite en vue d'une visite prochaine, lors de la prochaine réunion de l'Organisation de coopération islamique (OCI) les 18 et 19 juin à Jeddah.

Négocier la stabilité

Alors que plusieurs conflits l’opposent indirectement à la puissance perse dans la région – en Syrie, mais aussi au Yémen et à Bahreïn –, l’Arabie saoudite paraît enfin s’accommoder de la détente entre Américains et Iraniens, possible conséquence de la visite de Barack Obama à Riyadh fin mars.

Il est également probable que les derniers soupirs de la rébellion syrienne, dont le régime Assad semble venir à bout, aient fait sentir aux autorités saoudiennes la nécessité de négocier avec le « serpent iranien » à qui ils voulaient jadis « couper la tête ».

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