Quel retour pour les jihadistes arabes ?

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Les filières de jihadistes français partis grossir les rangs de la rébellion syrienne et des différentes milices islamistes au Moyen-Orient ont fait couler beaucoup d'encre. Cet attrait pour la lutte panislamiste n'a rien de nouveau – il remonte au combat des moujahidin afghans contre l'envahisseur soviétique – mais il a pris une ampleur inédite avec l'émergence de nouveaux conflits dans les pays arabes.


On oublie souvent que ces combattants étrangers partis guerroyer avec leurs « frères » contre les « impies » sont essentiellement issus du monde arabe. Aujourd'hui les gouvernements de leur pays d'origine s'en inquiètent et vivent avec angoisse le retour sur leur territoire de ces jeunes fondamentalistes, désormais expérimentés en matière de savoir-faire terroriste.

Ainsi, en Syrie, on estime que 80 % des 12 000 combattants étrangers sont d'origine arabe.

Les jeunes Saoudiens, souvent dotés d'un armement moderne du fait de leur niveau de vie supérieur à la moyenne arabe, y sont très bien représentés, notamment dans le groupe le plus violent actuellement à l'oeuvre en Irak et en Syrie, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Il faut dire que le royaume saoudien, malgré sa conception rigoriste de l'islam, a toujours pris soin d'éloigner de son territoire les éléments les plus radicaux de sa jeunesse, manière pour lui de neutraliser la menace révolutionnaire sur son propre sol. Quitte à ensuite faire preuve de compréhension et à placer ces jeunes égarés dans des structures de réinsertion sociale pour jihadistes à leur retour au pays.

Mais tous les gouvernements arabes ne peuvent compter sur leur proximité idéologique avec ces jihadistes pour échapper à leur menace.

Écartés du pouvoir en 2012, les islamistes tunisiens partis batailler au Moyen-Orient ne seront-ils pas un jour tentés d'appliquer dans leur pays les techniques apprises sur le terrain en Syrie et en Irak ? Le nombre de combattants Tunisiens en Syrie – 3000 – cause ainsi beaucoup de souci au gouvernement de Mehdi Jomaa, d'inspiration libérale. Les membres du groupe salafiste Ansar al-Charia, impliqué dans l'assassinat en février 2013 du militant des droits de l'homme Chokri Belaïd, sont ainsi particulièrement surveillés par les autorités tunisiennes. Même si beaucoup, parmi les quelque 400 jihadistes déjà rentrés, paraissent surtout traumatisés par leur expérience syrienne...

 

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