Cet étrange conseiller de l’État islamique

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De quoi un président américain est-il fait ? Quels cheminements l’amènent à prendre des décisions qui, parfois, conditionneront le sort de régions, de pays entiers ?

En ce qui concerne Barack Obama, des éléments de réponse peuvent être glanés dans quelques indiscrétions recueillies par des journalistes du New York Times. Elles dévoilent des fragments de conversations que l’hôte de la Maison-Blanche a eues avec des conseillers, dans les jours qui ont précédé son discours du 10 septembre sonnant la charge contre l’État islamique.

Principal malentendu qu’Obama s’est attaché à dissiper : celui d’un président paralysé, ayant laissé l’État islamique s’installer. « C’est une honte d’avoir un président falot et indécis, avec pour unique politique étrangère “faites pas les idiots, les gars” ! » s’exclame-t-il, imitant ironiquement ses détracteurs. Puis, redevenant sérieux : « Je refuse de présenter mes excuses pour ma prudence à ce sujet, tant pis pour la politique-spectacle ! »

C’est que le chemin a été long entre l’Obama fraîchement élu sur la promesse de mettre fin aux guerres de son impétueux prédécesseur et celui qui a dû se résoudre à en relancer une. D’où son peu d’empressement à partir au front, dont il « paie le prix politique ». Et de se souvenir, amer, de Reagan, qui « a envoyé les Marines à Beyrouth dans la précipitation, en a vu mourir des centaines dans un attentat avant de retirer ceux qui restaient, en laissant derrière une guerre civile qui dura des années », pour être finalement « salué comme un titan arpentant la Terre » dans la mémoire collective.

Mais il est tout de même arrivé un point où le précautionneux Obama a dû faire parler la poudre. Pour lui, l’État islamique (EI) a « commis une erreur stratégique majeure » en exécutant les otages. Et de poursuivre, dans un surprenant renversement des rôles : « Si j’avais été conseiller auprès de l’EI, je les aurais convaincus de ne pas les tuer, mais de les libérer avec des pancartes au cou disant “vous n’avez rien à faire ici, ce ne sont pas vos affaires.” Voilà qui aurait réduit le soutien populaire à une intervention armée ! ». Que ne l’ont-ils écouté... 

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