Téhéran souffle sur les braises à Damas

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De mémoire de Damascène, on n’avait jamais vu ça. 

 

Début novembre, lors de la fête d’Achoura – la commémoration du massacre de l’imam Hussein par les partisans du califat omeyyade en 680 –, des pèlerins chiites iraniens se sont livrés à l’impressionnante (et parfois sanglante) cérémonie de la flagellation, qui mime le martyre de Hussein. Ils n’ont pas hésité à le faire dans le souk Hamidiyeh, à deux pas de la grande mosquée des Omeyyades, où aurait été exposée la tête de Hussein quelques jours après sa mort. Une première largement perçue comme une provocation, les chiites étant ultra-minoritaires dans cette ville emblématique du sunnisme arabe. 

C’est que l’arrivée au pouvoir de Bachar al-Assad, en 2000, a largement fait évoluer les relations syro-iraniennes. De partenaire stratégique sous Hafez al-Assad, l’Iran est devenu puissance tutélaire aujourd’hui. Et son influence ne se limite pas à la politique. La République islamique, avec l’aide des pouvoirs locaux, finance depuis quelques années un programme de récupération de maisons dans la vieille ville de Damas, renforçant la présence chiite dans l’épicentre du pouvoir d’Assad. Au point que les rebelles de la ville ont diffusé des tracts affirmant que Damas, capitale de Saladin, « restera omeyyade et non safavide », référence à la dynastie qui, au XVIe siècle, convertit l’Iran au chiisme.

S’il est en effet peu probable que Damas devienne jamais « safavide », nul doute que le prosélytisme iranien contribue largement à creuser encore les clivages confessionnels dans la ville. 

 

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