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États-Unis : le lobby pro-Israël perd du terrain

États-Unis : le lobby pro-Israël perd du terrain

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Malgré les efforts de Tel-Aviv pour les faire capoter, les négociations sur le nucléaire iranien, menées par les Américains, suivent leur cours. Un échec majeur pour la diplomatie israélienne mais aussi pour l’Aipac, le très puissant groupe de pression qui sert ses intérêts à Washington.

Brian Baird est psychologue et enseignant à Seattle. Membre du Parti démocrate, il a décidé en 1996 de tenter sa chance à la Chambre des représentants. Les discussions ont donc débuté avec les démocrates locaux et, très vite, la question de la situation au Proche-Orient s’est posée.

Pour Brian Baird, pas d’ambiguïté : admirateur sincère de l’État d’Israël, il était aussi très favorable au processus de paix et exprimait de la sympathie pour les Palestiniens. Moue dubitative chez ses interlocuteurs : « Bien, nous respectons votre point de vue, mais maintenant nous allons discuter de ce que vous devriez dire la prochaine fois qu’on vous posera la question. »

Pour être élu membre du Congrès aux États-Unis, a-t-on alors appris à M. Baird, il faut soit être très riche, soit être financé par des groupes de citoyens. Et le plus puissant de ces groupes est l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le lobby dont l’objectif est de veiller à la défense des intérêts d’Israël aux États-Unis.
En moyenne, le comité finance 10 à 15 % de la campagne électorale de tous les membres du Congrès, démocrates ou républicains. Il apporte aussi une aide logistique et, bien sûr, dispense une formation sur les sujets qui lui tiennent à cœur, expliquant par exemple qu’il y a des termes qu’un élu bénéficiant de son soutien doit bannir. « territoires occupés », par exemple.

Dans le cas de Brian Baird, l’Aipac était prêt à verser 200 000 dollars. S’il refusait cette aide, elle bénéficierait, bien sûr, à son adversaire. M. Baird a accepté et le comité a financé sa campagne, ainsi que toutes celles qui ont suivi, jusqu’en 2008. « Sitôt élu, raconte-t-il dans une interview au New Yorker, on vous propose un voyage en Israël qui est… disons “virtuellement obligatoire” ».
Vol en business class, chambre à l’hôtel King David, tout est payé… On vous fait même rencontrer des leaders palestiniens, mais ensuite on vous explique que tout ce qu’ils ont pu vous dire est un tissu de mensonges. » La lune de miel a duré jusqu’en 2009. Cette année-là, Brian Baird séjourne en Israël – toujours aux frais de l’Aipac – pour se rendre compte sur place des conséquences des combats menés pendant l’opération Plomb durci. Peu de temps après son retour, le juge sud-africain Richard Goldstone publie le fameux rapport qui porte son nom, dans lequel il accuse Israël d’avoir commis des crimes de guerre.
Fureur de l’Aipac, qui mobilise immédiatement 344 membres du Congrès sur un texte condamnant le rapport Goldstone. Brian Baird, lui, refuse de signer le texte. Ce qu’il a lu dans le rapport est conforme à ce qu’il a pu observer sur le terrain, et il s’étonne de voir ses collègues « voter un texte qu’ils n’ont même pas lu, sur une situation qu’ils ne connaissent pas ».

En 2010, Baird ne s’est pas représenté à la Chambre. Il dresse aujourd’hui un bilan amer de l’action que mène le lobby auprès des parlementaires américains. « Quand un texte important arrive à la Chambre, explique-t-il, la question qu’ils se posent n’est pas “quelle est la bonne chose à faire pour les États-Unis ?”, mais “qu’en pense l’Aipac ?” Qui, de son côté, traite les élus avec un dédain incroyable.
En fait, les Israéliens donnent l’impression qu’ils dénient aux Américains toute légitimité sur les questions de droit ou de morale. Est-ce parce que nous n’avons pas empêché l’Holocauste ? À cause de ce que nous avons fait aux Indiens ou aux Afro-Américains ? Je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est qu’ils voient les parlementaires américains comme des gens à vendre. Nous sommes là pour la fermer et jouer le jeu. »

Un lobby qui se veut bipartisan

Pour comprendre la puissance actuelle de l’Aipac, mais aussi les problèmes qu’il rencontre, il faut remonter à sa création, en 1963. À l’époque, un militant sioniste de nationalité américaine, Isaiah Kenen, a l’idée de créer un groupe de pression en faveur d’Israël, mais dirigé par des citoyens des États-Unis et, surtout, sans affiliation politique. Républicains ou démocrates, Likoud ou Parti travailliste, l’Aipac veut avoir des relais partout et Kenen répète souvent : « Nous n’avons pas d’ennemis, juste des amis et des amis potentiels. »
En 1974, quand le fondateur se retire, le lobby a acquis une influence réelle, mais qui reste limitée : les juifs ne représentent après tout que 3 % de la population américaine, et vivent essentiellement dans 9 États. Le « Gang of Four 1 » qui succède à Kenen veut accroître son pouvoir. Il crée 435 nouveaux groupes locaux, les « caucus » et, surtout, met sur pieds un réseau serré d’associations chargées de lever des fonds. Les membres des caucus sont là pour approcher leurs élus et faire pression sur eux. La machine est lancée.

Durant les années 1980, le groupe devient peu à peu incontournable dans la vie politique américaine. D’un bord ou de l’autre, les candidats acquis aux positions de l’Aipac reçoivent souvent des coups de pouce décisifs tandis que ceux qui ne se plient pas aux exigences du lobby, n’affichent pas un soutien inconditionnel à Israël et à sa politique, perdent de plus en plus souvent les élections.
Le discours se rode, à coups d’arguments émotionnellement chargés qui font souvent mouche. « Si l’Aipac avait existé en 1939-1945, assure notamment le lobby, l’Amérique aurait stoppé Hitler. » Plus concrètement, la direction élabore chaque année une liste de sujets prioritaires qui, idéalement, doivent devenir des projets de loi à la Chambre des représentants et au Sénat. Les 100 000 membres inscrits, répartis dans 17 bureaux régionaux, sont chargés de promouvoir ces projets auprès de leurs élus par tous les moyens possibles – rencontre en tête-à-tête ou lors de réunions, envoi massif de mails ou de courriers… La réunion annuelle du mouvement est, dit-on, l’événement public qui réunit le plus grand nombre de parlementaires américains après le discours sur l’état de l’Union prononcé chaque année par le président.

Des parlementaires plutôt disciplinés : en 2011, l’Aipac a réussi à mobiliser 446 d’entre eux (sur 535) pour voter contre la demande d’adhésion de l’État palestinien aux Nations unies.

Mais si le lobby pèse de tout son poids sur les représentants – et dans une moindre mesure sur les sénateurs –, ses relations avec la Maison-Blanche sont beaucoup plus difficiles. La présidence de George Bush père, de 1989 à 1992, fut à cet égard particulièrement tendue, la situation ne s’améliorant qu’en 1992, avec l’arrivée au pouvoir du Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin.
Lequel, à peine entré en fonction, sermonna les dirigeants de l’Aipac, accusés de « faire plus de mal que de bien » à la cause israélienne aux États-Unis. Mal à l’aise sur les accords d’Oslo, signés en 1993 avec Yasser Arafat, le lobby aggrava encore son cas en proposant, en 1995, une loi dont l’objet était de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

En 2009, le retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou a ouvert une nouvelle ère de détente entre l’Aipac et les autorités israéliennes. Mais certainement pas avec le président américain, Barack Obama étant considéré comme un gauchiste dangereusement pro-palestinien.
Ce dernier ne voit du reste dans l’Aipac qu’une émanation du Likoud. Implantations juives, frontières de 1967… Les sujets de friction ne manquent pas. Mais ce sont les négociations sur le nucléaire iranien, et les tentatives israéliennes pour les faire échouer, qui occasionnent les affrontements les plus violents.

Lorsqu’un premier accord de principe est signé, fin 2013, Benyamin Netanyahou hurle contre les signataires, et d’abord contre les États-Unis, accusés de s’être laissé mystifier par les Iraniens. L’Aipac veut relayer ce discours, mais cela signifie s’opposer ouvertement à la politique étrangère américaine, à Barack Obama et au Parti démocrate. Il tente donc de réunir des parlementaires des deux camps autour d’un texte imposant de nouvelles sanctions à l’Iran. Éric Cantor, le chef de la majorité républicaine à la Chambre, est en première ligne, et l’Aipac veut convaincre Steny Hoyer, le chef du groupe démocrate, de cosigner le texte proposé.
Mais les sanctions envisagées sont si lourdes que, si elles étaient appliquées, Téhéran n’aurait d’autre choix que de rompre les négociations. La pression est maximale : les parlementaires démocrates sont choyés et menacés par le lobby – « N’oubliez pas qui finance vos campagnes, il y a des élections de mi-mandat dans quelques mois ! » – tandis que la Maison-Blanche met les élus face à leurs responsabilités.

Un lobby dépassé par sa droite

C’est finalement la discipline de parti qui a prévalu, et l’Aipac a préféré retirer son projet, ce qui reste son plus grave échec politique à ce jour. Un raté d’autant plus grave qu’il a mis au jour, une fois encore, le côté très relatif du caractère « bipartisan » du lobby. Aujourd’hui, il penche plus que clairement du côté républicain, ce qui est contraire à son ambition de départ et nuisible à sa crédibilité. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent d’ailleurs pour affirmer que l’Aipac n’est absolument pas représentatif de la communauté juive américaine, mais seulement de ses membres les plus vieux, les plus conservateurs et les plus riches.
Un sondage réalisé durant l’été 2014 montre que seuls 38 % des juifs américains estiment que l’actuel gouvernement israélien cherche sincèrement à faire la paix avec les Palestiniens, et les plus jeunes se demandent pourquoi, en tant que citoyen américain – même juif –, ils devraient se sentir solidaire d’un pays lointain dont ils n’approuvent pas la politique.

L’audience croissante dont jouit J Street, lobby pro-israélien créé en 2009 qui milite activement pour la paix est tout sauf un hasard. L’Aipac en a fait son ennemi prioritaire et cherche à le contrer en élargissant son recrutement : hispaniques, évangélistes, noirs et, surtout, « progressistes » sont plus que bienvenus dans ses rangs pour rééquilibrer un peu les opinions et retrouver le sacro-saint caractère « bipartisan » que le lobby continue à revendiquer.

Las : c’est maintenant de la droite que viennent les critiques ! Chez les plus conservateurs, on reproche à l’Aipac d’avoir cédé sur le nucléaire iranien. Sheldon Adelson, le très droitier patron de casinos (lire La Revue n° 42) qui, en 2008, a versé dix millions de dollars pour payer la construction du nouveau siège du lobby, à Washington, réserve maintenant ses largesses à la Zionist Organization of America. Et d’autres parlent tout simplement de créer un autre lobby, plus radical que l’Aipac. Dont la marge de manœuvre paraît plus étroite que jamais. 

 

Commentaires   

 
0 #2 mendes 19-03-2016 11:21
L Iran, persie, va avoir la Bombe comme la Korea du North a fait. Allors les Arabs la vont avoir aussi. Le grand business de cette accord va etre la pulverizacion atomique du moyen orient . Les myssilmans s'en foud le la lancer les un contre les autres et contre Israel et l'europe
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0 #1 Aboubaker 22-12-2014 15:45
Les États Unis ont perdu leurs âmes à cause de ce lobby juif qui a plié la politique internationale des USA à Israël. Par conséquent l'Amérique est devenu l'ennemi du reste du monde. Je suis convaincu que l'Amérique possède tout pour plier le monde à sa volonté non pas par les moyens des armes comme c'est le cas, mais l'amitié par l'aide aux développements des pays pauvres et émergents. Sans quoi, l'Amérique sera vaincue par cette Chine pernicieuse avec ses milliards et ses contre-valeurs.
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