Cornell et le Technion coopèrent

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Une université peut-elle transformer une ville, la faire bifurquer, décoller, renaître ? C’était la conviction de Michael Bloomberg, le maire de New York, quand il a décidé en 2011 de construire une nouvelle université tournée vers les sciences appliquées de l’ingénieur sur l’île Roosevelt : « diversifier New York au delà de Wall Street ». L’appel d’offres était très alléchant.

Le gagnant se voyait offrir gratuitement des terres sur l’Ile et la ville promettait 100 millions de dollars pour développer les infrastructures. Les établissements du monde entier ont été invités à présenter leurs projets. C’est un duo inattendu qui a décroché le contrat : choisir l’université Cornell, installé à Ithaca (New York), un des neufs établissements de la fameuse Ivy League, cela n’a surpris personne. Mais qu’elle soit alliée au Technion de Haïfa, un institut de technologie relativement petit et pauvre, voilà qui a fait jaser. Une belle victoire, d’autant que les perdants n’étaient pas vraiment des seconds couteaux, à commencer par Stanford.   

Pour la ville, sélectionner le Technion, un champion de la valorisation de la recherche, traduit un objectif. Il ne s’agit pas seulement  de recréer un pôle de haute technologie dans une ville vouée à la finance depuis vingt ans, mais de transformer en profondeur l’économie de l’agglomération, d’inventer une nouvelle « silicon valley ». Au cours des trente prochaines années, selon Bloomberg, le projet devrait  générer 23 milliards de dollars de retombées économiques, 20 000 emplois dans la construction et 8000 emplois permanents. Si le Technion tient ses promesses, 600 startups devrait voir le jour et créer 30 000 emplois supplémentaires. David Skorton, le président de Cornell, estime à 1,5 milliard de dollars le coût total de la construction : «  Nous n’allons pas nous endetter, nous comptons sur les frais de scolarité et la philanthropie ». Dont acte. Cornell qui avait reçu dès 2011 un don de 350 millions de dollars, vient de toucher 133 millions de dollars de la part d’Irwin Jacobs, un ancien élève de Cornell devenu depuis président richissime de Qualcomm, un fabricant de processeurs pour téléphones portables.                      

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