La Tesla Model S prend-elle feu ?

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Une Tesla Model S brûle sur le bord d’une voie rapide début octobre, près de Seattle. L’image a fait le tour de la planète. Et aussitôt provoqué une baisse de 10% du cours de l’action Tesla.

On peut en rire. Penser que l’histoire est somme toute morale : un constructeur qui a profité d’une bulle -boursière pour porter sa capitalisation à 22 milliards de dollars à la faveur d’un buzz médiatique, victime d’un retour de bâton. Mais il faut en pleurer, car elle raconte l’absurdité d’une économie financière qui échappe à toute logique industrielle.

Des voitures brûlent chaque jour sur les routes du monde après avoir -roulé sur un objet métallique qui a percé leur réservoir : des Cadilllac ou des Chevrolet de l’autre côté de l’Atlantique, des Volkswagen ou des Renault sur cette rive. Nul n’en fait écho. La Model S en sort plutôt grandie. Pas eu mort d’homme, ni de blessé. L’incendie a été circonscrit à sa partie avant, là où étaient les batteries endommagées par le choc, sans que l’habitacle soit atteint. 

Mais parce qu’il s’agissait d’une Tesla, un témoin a mis une photo en ligne. Et les analystes boursiers ont réagi comme leur métier l’exige : vendre, pour amplifier le réflexe de baisse qu’ils avaient pressenti, racheter ensuite des actions quand -elles auraient atteint leur cours le plus bas, attendre qu’elles remontent pour prendre leur bénéfice. 

Cette affaire a tout de même un -intérêt. Rappeler que, dans une économie bien ordonnée, un constructeur qui a vendu 20 000 voitures en trois ans et réalisé un chiffre -d’affaires de 996 millions de dollars au premier semestre 2013 ne -saurait atteindre la moitié de la -capitalisation boursière de General Motors, qui a produit 7 millions de véhicules en 2012.

 

Copyright photo : Tesla Motors

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