Ébola : un nouvel espoir

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L’extrême gravité des fièvres hémorragiques qu’il provoque a rendu tristement célèbre le virus ébola : 35 à 90 % de mortalité, selon l’espèce ébola considérée. Depuis sa première apparition en 1976, aucun traitement n’est disponible.

Seuls ceux destinés à soulager les symptômes sont disponibles, sans grand succès. C’est donc l’isolement des patients qui permet jusqu’à présent d’enrayer la flambée épidémique.

 

Un cocktail bien dosé

Mais il y a du nouveau. En septembre dernier, des chercheurs de l’Institut de recherche contre les maladies infectieuses de l’armée américaine (USAMRIID), ont testé un nouveau traitement chez le macaque : un cocktail de trois anticorps monoclonaux. En clair, trois molécules mimant les anticorps humains et développés pour s’attacher à l’un des constituants du virus.

 « En se fixant à l’agent infectieux, les anticorps l’empêchent de pénétrer dans les cellules de l’animal pour s’y reproduire » explique Sylvain Baize, responsable du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales de l’Institut Pasteur de Lyon. Si dans d’autres maladies, un seul type d’anticorps suffit, « le virus ébola est si virulent que les chercheurs ont souhaité multiplier les angles d’attaque pour le neutraliser ». D’où ce cocktail bien dosé.

Dans cette étude, les singes avaient déjà développé les symptômes depuis quelques heures. En 2012, la même équipe avait déjà montré l’efficacité de ce traitement quand il était administré 48 heures après l’infection. 

« Ces études suggèrent que chez l’homme, on pourrait à la fois être efficace chez les personnes déjà malades, mais aussi chez celles qui seraient mises accidentellement en contact avec le virus. » 

Pour autant, le degré d’efficacité du traitement dépend de la vitesse à laquelle il est -administré après l’infection.

L’espoir est donc réel même si Sylvain Baize -demeure prudent : « On pense que le traitement seul ne suffit pas et que son succès dépend aussi de la qualité des défenses immunitaires du patient. Par ailleurs, ce traitement est développé contre l’espèce ébola Zaïre, la plus meurtrière, mais il n’est pas certain qu’il soit aussi efficace contre les autres. »

 

La peur du bioterrorisme

Au contraire d’autres maladies tropicales, le virus n’est pas négligé par la recherche médicale, « notamment parce qu’il est considéré comme une potentielle arme biologique terroriste par les états-Unis » explique le spécialiste. 

Ce traitement expérimental est le second à fournir des résultats intéressants. En effet, des chercheurs américains de l’université d’Arizona ont mis au point un vaccin efficace sur la souris en préventif aussi bien qu’en curatif. Il est actuellement en cours d’expérimentation chez l’homme. 

à moyen terme, les ravages d’ébola, qui compte parmi les virus les plus meurtriers, pourraient être atténués.

Photo Credit: Cynthia Goldsmith

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