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Nos ancêtres les Géorgiens

Nos ancêtres les Géorgiens

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Dmanissi est un village situé à quelque 80 km de Tbilissi, la capitale géorgienne. Établi au carrefour de plusieurs routes commerciales, il a connu la prospérité au Moyen Âge avant d’être dévasté par les Turco-Mongols au xive siècle, puis par les Turkmènes le siècle suivant.

Mais c’est pour d’autres raisons que la bourgade est célèbre : des recherches archéologiques entreprises dans la région depuis 1936 y ont mis au jour de nombreux vestiges d’homininés qui ont bouleversé les connaissances sur nos lointains ancêtres. 

Des fossiles, découverts entre 1991 et 2005 et datant de 1,8 million d’années, ont en effet été attribués à une nouvelle espèce, baptisée Homo georgicus, correspondant probablement à la ­première présence humaine dans le Caucase, si ce n’est dans ­l’ensemble de l’Eurasie. 

Dans l’arbre généalogique de l’homme, cette espèce se situerait quelque part entre Homo ergaster (apparu il y a 2 millions d’années), voire Homo habilis (2,4 millions d’années), et Homo erectus (1,5 million d’années), dont descendraient toutes les espèces modernes (homme de ­Néandertal, hommes de Florès et de ­Denisova et, bien sûr, Homo sapiens). Et voilà qu’une étude publiée en octobre par la revue Science remet totalement en cause cette théorie. 

Une fois encore, le site de ­Dmanissi s’est révélé un gisement exceptionnel pour les chercheurs, puisque l’équipe helvético-­géorgienne dirigée par David Lordkipanidze, du Musée national de Géorgie, avait entre les mains cinq crânes de ­georgicus recueillis au même endroit et datant de la même époque. Ce qui a d’abord frappé les chercheurs, c’est la grande variabilité entre les cinq crânes que la ­différence d’âge des individus ne ­suffit pas à expliquer. Grâce à des techniques de simulation en 3D, ils ont pu établir que ces différences morphologiques étaient comparables à celles qui ­peuvent exister entre toutes les autres espèces ­fossiles d’Afrique. 

Là où les choses deviennent intéressantes, c’est que l’un des crânes présente des caractéristiques, notamment un volume de boîte crânienne (environ 550 cm3) très inférieur à celui de l’homme moderne (environ 1 350 cm3), qui semblent le rattacher à habilis. D’un autre côté, sa large face et sa mâchoire massive pourraient le ranger dans la catégorie des ergaster ou des erectus.

Les chercheurs en ont tiré la conclusion que les différentes lignées du genre Homo forment en réalité une seule et même espèce : Homo erectus, un grand marcheur qui s’est implanté sur toute la planète. 

C’est la concentration de fossiles sur un même site qui a permis une telle découverte. On ne tombe pas tous les jours sur autant de restes d’homininés. Ceux que l’on a  trouvés jusqu’ici à travers le monde étaient souvent très éloignés les uns des autres, tant sur le plan géographique que chronologique. Aussi pensait-on chaque fois avoir ­identifié une espèce différente. 

Si la conclusion des chercheurs géorgiens est confirmée par d’autres études, nos livres de paléoanthropologie prendront un sérieux coup de vieux.

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