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Esprit criminel

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  Octobre 2005. Le neurobiologiste ­américain James Fallon met une dernière main à un article scientifique pour The Ohio State Journal of Criminal Law. Ce professeur de psychiatrie et de comportement humain à ­l’université de Californie-Irvine étudie depuis plusieurs années les caractéristiques du cerveau des psychopathes, des schizo­phrènes, des meurtriers ainsi que des ­dépressifs.

  Sur son écran défilent les cerveaux de tueurs en série quand soudain un scan sur son bureau attire son attention. « C’est un pur hasard. J’avais fait, dans le cadre d’un autre projet, des études sur la maladie d’Alzheimer. Je possédais ainsi des scans de cerveaux de toute ma famille, explique le neurobiologiste. C’était le soir, j’étais un peu ­fatigué, quand tout à coup mon regard s’arrête sur le scan “­parfait” d’un tueur en série. Une image qui aurait pu figurer comme exemple dans un manuel de médecine, montrant clairement une très faible activité dans les lobes temporal et frontal, zones du cerveau liées à l’empathie, au raisonnement moral et au contrôle des pulsions. » 

 Intrigué, le professeur Fallon fait lever le cache qui garantit l’anonymat des ­cerveaux étudiés : surprise... le cerveau du serial killer est le sien. Cette histoire étonnante, il la raconte dans un livre, The Psychopath Inside 1, qui entraîne le lecteur dans les méandres de son cerveau, de sa famille et des vies des psychopathes les plus « ­abjects et monstrueux ».

  Découvrir tout à coup que son cerveau pourrait être celui de Hannibal Lecter a de quoi déstabiliser, mais le professeur Fallon, mû, selon ses propres ­termes, « par cet orgueil surdimensionné caractéristique des psychopathes », se lance derechef dans des recherches en psychopathologie neurologique et comportementale. Il fait aussi des tests génétiques. Le verdict est sans appel : les allèles courts du transporteur de la ­sérotonine de son cerveau (autrement dit les caractéristiques ­génétiques de ses neurotransmetteurs cérébraux) ­indiquent un potentiel agressif, violent ou suicidaire. « Je n’ai jamais tué ni violé qui que ce soit, explique-t-il, mais mes amis, ma famille me considèrent souvent comme un “vrai connard” buté, de mauvaise foi, menteur. Je suis incapable ainsi de laisser gagner mes petits enfants au Monopoly. Et ma ­femme me reproche ma ­maniaquerie et mon manque d’empathie. Mais cela ne fait pas de moi un tueur en série pour autant. Je suis un ­psychopathe “­prosocial”, c’est-à-dire que j’ai une certaine tendance à ­l’agressivité mais j’ai eu la ­chance d’être aimé, ­entouré depuis mon enfance, ce qui m’a permis de me développer sans les “défauts” d’un psychopathe. »

  Heureusement, car l’arbre généalogique du professeur Fallon fait froid dans le dos : sept criminels parmi ses ancêtres, dont la meurtrière la plus célèbre des États-Unis : Lizzie Borden, de Fall River, dans le ­Massachusetts, qui en 1892 tua son père et sa belle-mère à coups de hache…

 

 

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