Historien, britannique et admirateur de Napoléon

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Rares sont les figures historiques qui ont fait l’objet d’un tel nombre d’ouvrages ; en cette année de bicentenaire, Napoléon inspire plus que jamais les historiens. Cette fois-ci, c’est même un sujet de sa Gracieuse Majesté qui a décidé de laisser libre cours à sa passion.

Le fruit de près de sept années de travail vient en effet de sortir outre-Manche : un pavé de 976 pages somptueusement protégé d’une jaquette crème ornée d’abeilles dorées. Avec pour simple titre, en son centre, un « N ». Pour Napoleon, the Great. Napoléon le Grand. Comme Alexandre le Grand. Catherine la Grande, Charlemagne…

Son auteur, Andrew Roberts, ne cache pas son admiration pour le petit Corse. Il faut dire que l’historien, longtemps journaliste au Daily Mail et au Daily Telegraph, n’a pas perdu ses réflexes : rien ne vaut le terrain. Il n’a ménagé ni son temps ni ses efforts : non seulement il a parcouru l’Europe, la Russie et le Moyen-Orient afin de fouler quelque 53 champs de bataille (sur 56), mais aussi, et c’est la singularité de cet ouvrage, il est le premier à avoir fait un usage exhaustif de la correspondance de Napoléon publiée en 2004, soit 33 000 lettres.

Une biographie au plus proche des sources les plus récentes avec, fait assez rare pour être signalé, une révélation. Roberts clame avoir la preuve irréfutable de l’implication du Royaume-Uni dans la tentative d’assassinat de Napoléon en 1804 fomentée par Cadoudal, Pichegru et Moreau : une lettre datée de juin 1803 adressée au ministre britannique Lord Castlereagh. Il y est en effet clairement fait mention d’importantes sommes d’argent liées à un complot visant à « enlever » Bonaparte. Un euphémisme pour « assassiner ». Les amateurs d’histoire napoléonienne apprécieront.

Le Napoléon qu’évoque Roberts est un ouragan, a whirlwind of a man : non seulement un grand conquérant, un stratège, un commandant qui révolutionna l’art de la guerre, mais aussi un homme d’État. Et un grand amoureux qui compta bien plus encore de maîtresses qu’il ne le reconnut lui-même ! En quelques pages, Roberts détruit d’ailleurs le mythe de l’histoire d’amour avec Joséphine de Beauharnais qui, quelques jours après leur mariage, s’empressa de prendre un amant…

Un tel panégyrique n’aurait aucun attrait si son auteur ne savait aussi se montrer critique. Et même sans la moindre indulgence pour les grandes erreurs tactiques de Napoléon, à qui il n’épargne ni l’échec de la campagne de Russie ni l’invasion de l’Espagne en 1808, pas plus que tous ces combats inutiles avec les Autrichiens et les Prussiens. Sans non plus occulter les faiblesses de l’homme d’État : Napoléon incarne peut-être le progrès et l’émergence de la méritocratie à la française, explique Roberts, il n’en a pas moins été un dictateur, un menteur et un criminel.

« Tout ce que je souhaite, conclut Roberts, c’est qu’en refermant ce livre le lecteur n’ait plus de doute : Napoléon mérite le qualificatif unique de “Le Grand”. »

 

Commentaires   

 
0 #1 Georges de SAINTE MA 08-02-2016 18:19
Le plus étonnant est que Roberts estime que N. mérite le qualificatif unique de " Le Grand ", alors que c'est un dictateur, un menteur et un criminel... Et c'est peu dire !
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